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  • Photo du rédacteurFlorence et Pierre

Un des dictionnaire de la voile. La lettre P

Dernière mise à jour : 18 juin 2023

Pour moi, un bateau, c'est comme un avion.

Et pour Loïck Peyron, un bateau, c'est comme un autre bateau

Pourquoi faire un chapitre sur Loïc Peyron plutôt que sur un autre marin de la course au large ?

Ce mec me plait plus que les autres sans doute par son équilibre entre modestie, vraie et fausse mêlée, et exploit. Ce genre de type, qui vont sur l'eau pour aller vite alors qu'on sait que la mer est le truc le plus lent qui existe, se battent donc entre eux contre des moulins à vent... avec des moulins à vent...

Et puis parce qu'il a presque mon âge, un peu plus mais pas tant que ça, alors c'est vrai que ça rapproche.

Et puis parce qu'il a vogué avec notre maître voilier Xavier Dagault. Ce n'est pas du tout de l'intimité mais, je ne sais pas pourquoi, ça rapproche.

Et aussi et surtout parce qu'il a commencé avec une voile lente, astronomique, manuelle, cotonneuse, en bois, solitaire et qu'il est toujours là alors que la voile est devenue rapide, satellitaire, bourrée de fibres techniques, de technologie, d'équipe d'ingénierie de conception, construction, communication, suivi de projet et de course, etc. Il s'est adapté. Bravo à lui.

"La technologie a depuis bien changé, mais les hommes sont toujours les mêmes." Citation de Bob Salmon, créateur de la mini transat.

Alors aujourd'hui, l'extrait que j'ai choisis veut montrer son côté exploit, avec tout le côté dingue, déraisonnable, fou, impossible à refaire aujourd'hui tel quel. Un autre âge. Je suis obligé de résumer la situation.

Loïck Peyron, 18 ans, hiver 1978, viré de chez lui parce qu'il ne veut pas poursuivre ses études, va tour à tour voler un magazine "Voiles et Voiliers" pour apprendre la sortie d'un nouveau petit bateau à voile de 6.70m, va au salon nautique de Paris pour proposer ses services au propriétaire de ce bateau (le service étant de faire la mini-transat avec ce voilier et de le vendre ensuite en Guadeloupe...), le proprio est ok et quelques semaines plus tard, Loïck arrive à Annecy essayer le voilier sur le lac, est engagé et doit aller à La Rochelle où il y a une épave de la coque d'un des prototypes du bateau (les deux premiers ont coulé pour défaut de quille...), arrive aux ateliers de La Rochelle où il vole de quoi se nourrir, récupère un mat, des voiles, fabrique un safran, fixe la quille, vole un régulateur d'allure, travaille ici et là pour s'acheter le reste, une radio, un sextant, le droit d'utiliser la radio en international, une paire de bottes et un ciré qui prend l'eau, quelques boites de conserves, un réchaud, un panneau solaire, un Opinel, pour être enfin, malgré la loi qui ne l'y autorise pas (...) sur la ligne de départ de la mini transat en septembre 1979.

Ah oui, j'oubliais, Loïck n'a pas vraiment de montre qui marche et pour faire le point au sextant, c'est donc impossible... En plus il a une, une seule, unique, carte générale "Dakar-Irlande".

M'y voilà enfin. A la réflexion, ce qui m'avait frappé, surtout à l'étape aux Canaries, c'est cette flotte qui ne formait qu'un seul et même équipage. Il y régnait une solidarité qui demeure jusqu'à aujourd'hui et exprime la singularité de cette course. Nous vivions tout cela, nous les bizuths, à la fois comme une première expérience fabuleuse et un passage initiatique.

Loïck PEYRON: Dictionnaire amoureux de la voile. Ed. Plon; Extrait p.302

Livre offert à Florence par l'équipe du laboratoire de Bordeaux. Merci à eux, c'était une chouette idée. Des bises.


Tout va bien pour Loïck qui fait voile vers Ténérife. Sauf qu'avec sa carte, sans montre, il ne sait pas trop où il est. Alors avec sa radio, il contacte un chalutier soviétique et se recale dans la bonne direction sous régulateur d'allure... qui suit le vent et la nuit quand Loïck dort et que le vent tourne...

Loïck s'échoue sur Fuerteventura. Bateau un peu cassé, plus de gouvernail, plus de régulateur, plus d'étai, plus de voile d'avant, toujours pas de montre...

Grâce à des pêcheurs locaux et des canadiens de passage il repart et arrive à Ténérife 6 jours après les autres qui le croyaient mort. Il passe du statut de "naufragé" à celui de "chouchou". Arrive à ce moment du récit la description de la traversée de l'Atlantique, la Transat à proprement parlé:

Seconde étape: Après 21 jours de mer, je découvre les Antilles anglaises.

Loïck PEYRON: Dictionnaire amoureux de la voile. Ed. Plon; Extrait p.308


Non mais des fois, il ne se fout pas de ma gueule, ce Loïck Peyron ?

Et bien non. Pour lui, au moment où il écrit ces lignes, il a traversé une cinquantaine de fois l'Atlantique. Alors sa première en solitaire... et bien elle est une de ces 50 transats là. Ok, il en parle, mais bon, là n'est pas l'essentiel. Alors la description de la transat tient en une ligne, en 12 petits mots.

Et nous qui nous préparons pendant des mois, avec cartes vectorielles, cordages en dyneema, montres, tel satellite, voiles de rechange, frigo et capteurs solaires, nous avons presque tout, même un presse-purée! ... On a même fait un blog pour raconter l'Histoire avec un grand H de la Traversée avec un grand T.


Loïck Peyron, équilibre entre modestie et exploit.


Bonne nuit, bande de terriens, je vous aime.

P.

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2 commentaires


choukanais
02 mars 2022

Il n'avait pas de montre. Mais personne n'a dit qu'il n'avait pas de presse purée hein !!!


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duoceaniquenephyla
duoceaniquenephyla
04 mars 2022
En réponse à

Le presse purée c'est la signature d'une autre exploratrice 😂

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