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  • Photo du rédacteurFlorence et Pierre

Voyage au centre de la Terre

9 octobre 2023 Néphyla est à la marina Rubicon, au sud de l’île de Lanzarote, aux Canaries. Notre fidèle destrier attend notre retour, nous sommes partis visiter le centre de la Terre.

Les petits écoliers espagnols doivent apprendre que les Canaries sont des îles volcaniques, les petits français ne l’apprennent pas. A part Florence qui a été dans le massif central il y a 25 ans environ et moi qui me souviens des « bubbling muds » de NZ aux antipodes, le volcanisme nous est étranger. En Charente-Maritime, il n'y a pas de volcan. Nous allons sur Lanzarote non seulement apprendre beaucoup de choses mais aussi et surtout en prendre plein les yeux.

Mon dieu que la montagne est belle ici. Le dieu dont je parle s’appelle Héphaïstos (en grec) et Vulcain (en romain), dieu du feu, de la forge et des volcans. Héphaïstos a commencé à travailler dans le coin il y a 20 millions d’années pour faire éclore ces îles et continue son boulot régulièrement depuis. On se souvient de l’éruption du volcan de La Palma en 2021.


Ici, à Lanzarote, la Terre s’est manifestée violemment entre 1730 et 1736 à Timanfaya. 6 ans de déluge de feu, d’éruptions, de coulées de lave, de tremblements, de poussières, les traces sont absolument intactes et parfaitement visibles. Une succession de 300 volcans parsème l’île et ceux du parc national que l’on visite sont tout frais sortis de Terre, si j’ose dire. Frais n’est pas le qualificatif le mieux choisi, j’en conviens, il fait 38°C à l’ombre. Et ici, il n’y a pas d’ombre.

Les couleurs de chaque coulée de lave, de chaque couche de poussières, de cendres, d’éboulis sont différentes suivant la constitution des roches. Du marron au jaune en passant par le rouge et l'ocre pour celles constituées d’oxydes de fer, gris plus ou moins sombres pour les basaltes, rose et violet clair là, une pointe de clair ici quand de la mousse sèche a pu coloniser quelques cailloux grâce à la rosée du matin. La palette est infinie et émerveille nos yeux sous ce soleil de plomb. Florence a fait des clichés de toute beauté. Je n’ai aucune idée de comment elle va trier ces photos, à mon avis, elles valent toutes un agrandissement et un cadre sur le mur du salon.

Tout est minéral, aucune végétation car il ne pleut presque jamais à Lanzarote. Rien n’est venu recouvrir cette région de l’île, à part quelques pieds de vigne que les paysans d’ici à force de labeur et d’ingéniosité ont réussi à faire pousser. Le vin est fort (le soleil tape bien), gouteux et cher (tout travail, énorme, mérite salaire et celui-ci est incontestablement mérité !), alors nous y faisons honneur et partageons un verre à la terrasse d’une bodega qui longe la LZ67, la route du vin. Le paysage est parsemé de petits cratères appelés hoyos (les viticulteurs d’ici ne sont pas rancuniers) creusés dans le gravier noir, appelé Lapilli, et protégés par de minuscules murets fait de blocs de lave empilés joliment en arcs de cercles arque boutés contre le vent du nord.


Vent du nord ? Le vent du nord serait néfaste à ces plantations ? Sans aucun doute les gens d’ici ne se sont pas trompés quand ils ont érigé ces structures de pierre. Mais alors que dire de ce vent qui nous souffle au visage depuis 3 jours ? La Calima, appelé Sirocco dans le désert tout proche du Sahara, vent qui vient lui de l’est, est très chaud et très sec. Il est chargé de sable, de tant de sable que la visibilité est très réduite, comme s’il pleuvait. Le vent pénètre partout, assèche tout et dépose une fine couche ocre. Historiquement, il y a eu tellement d’épisodes de Calima et tant de sable transporté depuis le Sahara que les plages de sable fin de La Graciosa et de Lanzarote en sont faites. Les autres plages, d’origine locale s’il on peut dire, sont faites de blocs de lave ou de sable noir d’origine volcanique. Les couleurs ici ont un sens et la géologie est à fleur de peau, à fleur de Terre.

De ces évolutions géologiques la vie de Lanzarote a su s’adapter, jusqu’à César Manrique. Artiste natif contemporain qui a transformé des couloirs et grottes de lave en œuvre d’art. Sa maison/musée, une partie d’un tunnel souterrain, jusqu’aux animaux endémiques et au vent typique ont été ses sources d’inspiration.



Ses dessins et créations nées dans la mouvance des années 60 parsèment l’île, ses musées, ses ronds points décorés parfois de gigantesques sculptures métalliques, comme si Héphaïstos, dont je parlais tout à l’heure, nous rappelait qu’il n’a pas été que le dieu des volcans mais aussi celui de la métallurgie, spéciale dédicace à Gaby ;)



Une de nos visites nous amène au centre de la Terre, dans un tunnel de lave qui à l’époque a coulé le long des pentes du volcan « Corona ». Il en reste 7 km de long dont une partie immergée, tube de magma solidifié aux couleurs et à l’aspect étonnant. On imagine le feu rouge dévaler vers la mer et ça fait froid dans le dos. Ok, froid pas vraiment, bis repetita placent ou plutôt bis repetita ridete. Après le vocable marin, les citations latines ! LOL.

La boucle est bouclée, le vent d’est si chaud s’apaise, le vent du nord va reprendre ses droits, les petits murs noirs protéger les vignes et nous, bientôt, nous préparerons Néphyla pour une autre navigation, vers un autre ailleurs.




P&F.

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