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  • Photo du rédacteurFlorence et Pierre

Que d'eau, que d'or !

Dernière mise à jour : 27 oct. 2023

8 juillet 2023 Néphyla est à Baïona, port de l’Espagne continentale.

Vous avez déjà entendu parler de Baïona. J’en suis sûr. Je suis sûr aussi que, comme moi, vous avez oublié. A part les gens qui y habitent et ceux qui visitent, tout le monde oublie. Et pourtant ce lieu est célèbre pour être le port de retour de… Christophe Colomb en 1493. Il a donc sa statue à Baïona. Normal. Alors vous vous dites, il va nous filer la photo de la Niña (une réplique bien sûr, comme celle de Magellan dans un autre blog) et nous faire tout une histoire sur C. Colomb.

Et bien non. Vous avez tous un ordinateur, un smartphone ou une encyclopédie Universalis, vous lirez ça vous-même. J’ai trouvé une histoire bien plus énigmatique que ça à vous raconter aujourd’hui. Elle ne parle pas de Baïona même, mais de la grande ville toute à côté, je veux parler de Vigo. Cette histoire commence le 12 octobre 1702 et se termine aujourd’hui.

Chacun sait que Jules Verne a écrit 20 000 lieues sous les mers. L’écrivain relate l’épopée de 3 naufragés, recueillis par le Capitaine Némo et qui vont avec lui faire le tour du Monde, sous les océans, à bord du Nautilus. Juste avant de « survoler » l’Atlandide, le Capitaine Némo s’arrête dans le port de Vigo pour y récupérer des lingots d’or. Et ces lingots, savez-vous où ils se trouvent (ou plutôt ne se trouvent plus…), très exactement devant le port de Vigo. Et voici une partie de l’histoire.


Le 23 octobre 1702, la France est sous le règne de Louis XIV. Le commerce maritime bat son plein entre les colonies et le vieux continent et des nefs françaises chargées d’or reviennent en Espagne ou Louis XIV a fait installer un roi qui lui plait bien, Philippe V et tout ce beau monde doit décharger à Cadix, comme d’hab. Mais c’est sans compter sur les hollandais et les anglais (qui comme souvent sont dans le camp adverse) qui voudraient bien renverser le roi Philippe V et aussi tant qu’à faire mettre la main sur les lingots. Normalement, le pognon arrive à Cadix, mais là, justement les anglais font le siège du port et les franco-espagnols vont un peu plus au nord, à Vigo, en attendant de débarquer leur butin. Sauf que les accords commerciaux précisent que c’est à Cadix que revient l’or. « Touchez pas au Grisbi ! » disent les bourgeois de Cadix. Le Capitaine de la flotte française ne veut pas avoir de problème avec la douane et il fax à Cadix : « C’est bon, j’ai compris, je ne débarque rien, j’attends là. »

Mais la destinée, sacré destinée toujours là où il ne faut pas, en a voulu autrement. Les anglais et leurs copains au bout d’un moment se pointent à Vigo et attaquent. Que fait notre pauvre Capitaine français ? Et bien il coule ses propres navires pour ne pas que l’Anglais récupère les lingots. Et plouf, au fond ! Ca c’est la version de Jules Verne. La réalité historique est que les français et les espagnols ont ce jour là pris une sacrée rouste : 23 à 0. Pire qu’un matche de rugby. 23 navires coulés d’un coup et les anglais repartent avec 3 navires et une bonne partie des lingots.

Vous me connaissez, je me documente sur tout ça pour vous raconter l’Histoire avec un grand H et c’est en relisant mes notes prises à la British Library, 96 Euston Rd, London et à la Bibioteca Nacional de España, P° de Recoletos, Madrid, que je m’aperçois d’une chose à laquelle personne n’a visiblement porté attention avant moi. Si vous avez été attentif à ce que j’ai écrit, d’ailleurs, vous l’avez vu aussi. Le compte-rendu de la bataille de Vigo est très différent, suivant qu’on le lit depuis la bibli de Madrid, de Londres ou dans le roman de Jules Verne. Je me dis : la vérité appartient au vainqueur. Je me plonge dans les livres pour savoir si la plongée de J. Verne ne vaudrait pas le coup d’être retentée. J’imagine ne pas être le seul à avoir cette pensée. Grâce à ce petit détail…


Dans la version anglaise du récit, il est écrit qu’un des navires récupéré par les anglais était finalement en trop mauvais état et que malgré les réparations de fortune effectuées à bord, il n’alla pas plus loin que le petit port de Baïona. Et la date du 19 octobre 1702 est clairement écrite. Comment une bataille qui a lieu le 23 octobre peut-elle entrainer le naufrage d’un navire le 19 ?

Il m’a fallu quelques nuits sans sommeil sur de vieux parchemins usés, à la lumière de pauvres fanaux vacillants fonctionnant à l’huile de baleine dans la bibliothèque de Baïona pour trouver la vérité. Les anglais en 1702 utilisaient encore le calendrier Julien (du nom d’un empereur romain célèbre vu que c’est celui d’Astérix…) alors que la France et l’Espagne utilisaient déjà le calendrier grégorien. Les écrits anglais notent donc bien un navire qui a sombré le 19 octobre, soit 7 jours après la bataille, alors que tout le monde historique croit que c’est un naufrage « quelconque » arrivé 4 jours avant le duel. Vous l’avez compris, il est alors fort possible que de l’or se trouve encore dans ce navire en baie de Baïona, les anglais ayant filé sans demander leurs restes et les français partis la queue basse.

Il ne m’a fallu qu’une plongée avec nos nouvelles bouteilles sous-marine, pour le soi-disant motif de contrôler le jeu de l’hélice de Néphyla, pour découvrir l’épave, remplir un gros sac bien solide de beaux lingots d’or et de les charger à bord en fond de cale. Je me demande bien ce que l’on va faire de tout cet or ???

P&F

Florence a dit : Il n’y aura pas de photo !

Finalement, je vais en mettre quand même... discrètement... chut

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