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  • Photo du rédacteurFlorence et Pierre

Une journée en Atlantique

8 octobre 2023 Néphyla est en vol, comme je dis toujours. Autrement dit notre petit tour sur l’Océan à bord de Néphyla continue, Florence et moi naviguons. Certains (Jean-Claude, Sylvie, etc.) ont une bonne idée de ce qu’on fait pendant une journée de navigation mais beaucoup se demandent à quoi on passe nos journées quand on est sur l’eau et comment on s’organise.

Les préliminaires : Rien de coquin, ici, même si ça se passe étendu sur notre lit, nous regardons la météo. Ou plutôt Florence regarde la météo dans le détail, tous les modèles de prévisions sur des applications connues comme windy, ou plus spécialisées. Elle passe en revue sur tout le parcours prévu, le vent moyen et le vent en rafale car il faut prendre une bonne marge de sécurité avec notre ami qui nous pousse afin qu’il ne nous fasse pas tomber en nous poussant trop fort. Elle regarde aussi la nébulosité, le brouillard (on ne rigole pas avec le brouillard, au Portugal, à Aveiro, on y voyait à peine à 20m au mois d’août), les nuages, les orages, les précipitations, la pression atmosphérique… et bien sûr la houle et les vagues. La houle, se sont de grandes et grosses vagues qui viennent de loin et qui font monter, descendre et pencher le bateau avec un rythme assez lent. Les vagues, se sont de « petites » ondulations dues au vent local, celui autour du bateau. Quand les vagues ou la houle sont trop grandes, nous ne partons pas, de même quand le vent est trop fort. Et bien sûr, quand il n’y a pas de vent, il reste toujours le moteur diesel du bateau, mais franchement, ce n’est pas notre truc de faire avancer cette belle machine à voile grâce au pétrole. Néphyla n’aime pas ça, qu’on se le dise !

Les préliminaires c’est aussi le plan de navigation, là où on va, s’il y a des obstacles à contourner, des hauts-fonds, des îles, des zones interdites, prévoir combien le voyage va durer et donc aussi combien il faudra d’eau pour boire, combien de pain, de yaourt, de riz, de pates, tranches de jambon, de conserves, de rouleaux de papier toilette et de crème solaire, vider les poubelles avant de partir, fermer les vannes d’arrivée d’eau dans le bateau, bien recharger toutes les batteries, la radio portable, les téléphones et tablettes. Et vérifier tous les cordages et éléments du bateau qui ont tous des noms à coucher dehors, pour cette fois vous êtes exonérés de mots compliqués tels que manilles, drisses, écoutes, tangon, étai, pataras et filières. Ah, oui, vérifier les panneaux solaires, le plein de gazole, le niveau d’huile, la pression des pneus. Oups, non, Néphyla n’a pas de roues. Néphyla flotte, elle !

Top départ, on largue les amarres et on quitte le port. Il faut maintenant établir les voiles, les régler et prendre la direction de notre prochaine étape. On branche le régulateur d’allure (une sorte de pilote automatique qui fonctionne à l’énergie du vent pour guider le bateau) et en avant pour 1, 2, 4, 9 jours de navigation. En fait personne ne sait combien la navigation va durer, on a une petite idée mais cela ne se passe jamais vraiment comme on l’a prévu. Si la houle est légère et le vent tranquille, tout va bien. Si le bateau bouge beaucoup, on est quelques fois un peu malade mais avec les jours qui passent, cet effet tend à disparaitre. On dit que l’on est amariné.

Arrive la nuit, alors Florence va se coucher à 21h00, le bateau est bien réglé, le tracé connu, la surface de voile réduite pour être tranquille dans la pénombre, je prends le premier quart. Et toutes les 3 heures, on échange nos places, l’un à la surveillance, l’autre dans la couchette au centre du bateau. La nuit, on regarde l’écran de navigation qui fait aussi radar. On jette un coup d’œil à l’extérieur tous les quarts d’heure dans toutes les directions pour essayer de voir s’il n’y aurait pas un cargo, un arbre, un pêcheur ou un autre bateau sur notre route. Si on est confiant et en forme, il nous arrive de lire mais pour l’instant, nous sommes plutôt occupés à surveiller et vérifier que tout se passe bien.

Florence fait le quart du lever de soleil, moi, je dors et quand je me réveille, la journée commence. Petit déjeuner et récits croisés de la nuit passée. On se raconte les choses, les pétroliers qu’on a évités, les changements de vent, de météo, le pourquoi des dérives du tracé de notre route par rapport à ce qui était prévu, notre état de forme. On regarde aussi notre « bateau copain » qui n’est pas loin et fait la même route que nous. En Cantabrique c’était Alfons & Hilde sur KingLyo, depuis Vigo c’est Jean-Mi & Sandra sur Bohème. Le duocéanique que nous formons est associé bienheureusement à nos amis les dauphins qui ne manquent jamais de nous rendre visite. On aime !

Je pêche.

Là il faudrait un livre entier pour raconter mes aventures de pêche en navigation. Pour rester dans la réalité, disons qu’il m’est arrivé de prendre du poisson. Quelques poissons. 3 poissons. Seulement 3 poissons. Mais il y en avait un gros ! Un gros comme ça. La dimension du poisson tient à peine entre mes deux mains…


P&F.

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1 commentaire


Jean Claude Boutet
Jean Claude Boutet
29 oct. 2023

Salut les navigateurs 😀

Merci pour ce Post👍😉

Cela fait plaisir d'avoir de vos nouvelles et ton style est toujours aussi agréable....

Bonne nav et bonne continuation pour votre périple 😘🥰

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