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Martinique 1 « La fillette, le cordonnier et le pêcheur ».

Ca y est, Pierrot se prend pour Jean de la Fontaine. Y-aura-t-il une morale ?

Néphyla est encore et toujours amarrée, c’est peut-être un détail pour vous mais pour notre porte-monnaie, ça veut dire beaucoup. 25 févriyé 2024 ponton 1 place 158, marina du Marin, Martinique, France.

A l’heure où j’écris ces lignes, il y a un mois que nous sommes arrivés en Martinique. De l’eau a coulé sur les parapluies de nos amis métropolitains, sous les ponts de la Charente, mais pas sous la quille de Néphyla. Nous sommes arrivés le 25 janvier de notre transatlantique en couple et le Duocéanique que nous formons a pris du plomb dans l’aile… ou plutôt de l’eau dans le moteur. Stand By au Marin, port de plaisance rempli comme un œuf de quelques 2000 bateaux, excusez du peu. Les mouillages alentours sont bondés, le port est « totally full » et les quelques places libres ne sont que le signe d’un catamaran loué à bon prix aux touristes européens venus gouter les joies des Caraïbes avec une croisière vers les Grenadines, pays des eaux chaudes, des palmiers, du sable blanc et tout et tout. Mais là, j’imagine, car nous n’y sommes pas encore allés. Néphyla est en panne, bien en panne !

A l’arrivée de la transat, nous avons constaté que le moteur démarrait mal (pas bon ça), que le moteur fumait blanc (pas bon, ça la fumée blanche, pas bon du tout), que le moteur vibrait (pas bon non plus), pétait, toussait, pétaradait, couinait, heurtait nos oreilles sensibles et faisait monter du pot d’échappement une odeur nauséabonde de carburation déréglée. Après avoir pris les avis de radio ponton (les collègues qui passent à qui on raconte la fumée, le bruit…), après consultation des plus éminents spécialistes de la mécanique marine (le mécano du coin LOL), il s’avère que le moteur est cassé. En résumé, une soupape bloquée, un gros point dur dans le bas moteur, deux bielles tordues et sans doute plein d’autres trucs qui nous font rétrospectivement chaud au cœur que ce moteur ait tenu les quelques dernières heures nécessaires pour charger les batteries et arriver jusqu’au port. Mais maintenant, il faut se rendre à l’évidence, il faut réparer.

En Martinique, des bons mécanos, il y en a, on en a trouvé. Mais des pièces de rechange pas forcément. Un aller depuis les USA (le moteur est un Volvo Penta américain) pour faire venir des pièces détachées dure 2 ou 3 semaines. S’il en manque une, le délai s’allonge de 2 ou 3 semaines. Et Caetera. Alors nous prenons la décision pour ne pas prendre de risque dans le futur et ne pas repousser aux calendes grecques nos prochaines escapades de profiter de l’offre d’un des professionnels Volvo du Marin : Changer pour un moteur neuf. Aie aie aie les dollars… Moteur + dépose et pose du moteur neuf + mise en cale sèche pour contrôle hélice, arbre et bague hydrolube, frais divers = beaucoup de gentils dollars. Au total 12 500 € environ ?

Heureusement que l’activité de Florence est rémunératrice, elle pique les bras des gens pour leur aspirer le sang.

Elle s’était faite repérer à leur sucer le sang dans le coup lors d’un voyage en Europe centrale il y a quelques années, elle a changé ses habitudes, bienheureusement. 


 


Pour nous changer les idées en attendant que Néphyla reprenne du service, nous visitons la Martinique. Ah la Martinique, ses plages de sable fin, ses cocotiers, ses eaux chaudes qui attirent des milliers de touristes chaque année. Ben c’est vrai. Côté plage, nous sommes servis. Côte au vent (côté atlantique), on remarque la presqu’île Caravelle, jolie balade dans la mangrove avant de faire un plouf. Plus au Sud une autre fois, après une demi-heure de route sinueuse et défoncée, la plage du cap Macré, puis un autre jour encore presque au Sud, l’Anse Michel. On attaque la côte sous le vent (côté mer des Caraïbes) l’Anse des Salines « la plus belle », puis l’Anse Meunier, la plage de Ste Anne, l’Anse Figuier, les Anses d’Arlet où nous nageons avec des tortues, la plage du Carbet et la plage de St Pierre, toutes deux au sable volcanique noir. Voilà, c’est dit, à la Martinique il y a des plages et l’eau y est délicieusement chaude, oui, oui, oui. De là à traverser l’Atlantique pour y aller en vacances. Je me moque   …  de moi.

La Martinique est volcanique. Je ne vais pas vous refaire un chapitre sur le volcanisme, juste préciser que c’est ici un déplacement des plaques tectoniques qui a créé toutes les îles Caraïbes, que ça a commencé il y a 25 millions d’années et que la montagne Pelée a fait de terribles victimes et dégâts dans le nord de l’île Martiniquaise. En 1902, lors d’une explosion avec nuées ardentes, la Pelée n’a laissé à St Pierre que trois survivants. Louis-Auguste Cyparis, un pêcheur, ivrogne et bagarreur qui quelques jours plus tôt lors d’une rixe donne des coups de couteaux et se fait enfermer. Il s’échappe de sa geôle, est repris et donc remis au cachot pour 8 jours de plus… Au moment de l’explosion, il est emprisonné, protégé par l’épaisseur des murs, l’orientation et la petitesse de la porte de sa cellule. Il avait du pactiser avec St Laurent, le patron des grand brûlés. Il survit à une deuxième nuée ardente quelques jours plus tard dans l’hôpital qui soignait ses blessures. Il passe le reste de sa vie dans un cirque américain qui le présente comme l’Unique Survivant de la catastrophe. L’autre survivant est un cordonnier, plus malin et plus chanceux que les autres qui a vu les fumerolles et s’est réfugié dans sa cave. Merci St Laurent pour ces deux là, 30 000 autres sont morts. Reste également vivante Havivra Ifrile, une fillette qui est retrouvée dans une barque. Ces trois là avaient vraiment signé un super contrat d’assurance vie.

Petit couplet politique : Les politiciens de l’époque avaient bien vu les fumées et les tremblements de la Pelée, mais ont interdit l’évacuation de la ville (ils ont fait donner la troupe pour empêcher les gens de partir !) pour pouvoir organiser le deuxième tour des élections législatives… De nos jours cela n’arriverait pas, on a compris que certains risques doivent être pris au sérieux, surtout si tous les scientifiques sont d’accord pour dire qu’il faut faire quelque chose.

 

Heu, Pierrot, cette remarque est caustique ! Tu penses aux élections qui ont été maintenues pendant la crise du Covid ?


Oui, c’est très comparable. Mais pas que… la biodiversité, le climat…

 



Févriyé, sé kanaval, gwo son.

Les martiniquais parlent créole et sont de culture créole ! Alors, sans que ce soit des jours de congés officiels, personne ne travaille, ou un peu le matin, ou pas beaucoup, jusqu’à la fin du carnaval. A Fort de France, la fiesta rameute le peuple dans les rues. Chaque jour un thème différent, mariage burlesque lors de notre venue, les hommes déguisés en femme et inversement, le lendemain tout le monde habillé en rouge et noir, ensuite c’est noir et blanc, couleurs de la mort. 

 

Des défilés dans les rues avec des orchestres façon batucada (tambours), les gens d’ici n’ont pas par hasard le rythme dans la peau. La population (majoritairement jeune) marche et danse dans la rue avec des gestes bien plus fluides et bien plus beaux que dans les défilés équivalents de notre Europe natale.





A suivre bientôt :

Martinique 2 « Faune, flore et agriculture ».

 

 A suivre bientôt bientôt :

Martinique 3 « Terre d’esclavage, de culture et de métissage ».


P&F



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