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  • Photo du rédacteurFlorence et Pierre

La Gomera, l'île des palmiers (et des virages !)

7 décembre 2023 Néphyla est amarrée à la meilleure place du meilleur port des Canaries.

Quand ça fait 7 mois qu’on voyage de port en port, de mouillage en mouillage, on fini par avoir une bonne idée de ce qu’est un bon port et un mouillage agréable. Non pas que nous soyons exigeants, je crois que nous ne le sommes pas trop, mais quelques fois, il faut bien dire qu’on est tellement mieux qu’on ne peut s’empêcher de le remarquer. Au puerto de San Sebastian de la Gomera, c’est comme un paradis, mais en mieux. Les marineros sont compétents, sympathiques, les toilettes propres avec du papier, les douches chaudes mais pas brûlantes, la machine à laver fonctionnelle et pas chère, la ville à deux pas, plusieurs cafés, restos, pizzerias, magasins de bricolage et de pêche, coiffeur, salon d’esthétique, marché de fruits et légumes, boulangerie et charcuterie, location de voiture, le ferry ne fait pas trop de bruit.


Si on compare cette liste avec celle des autres ports, à part La Corogne, personne ne fait mieux et certains vraiment moins bien. Des fois, la marina est loin de tout, chère et pas sympa. C’est mieux ici !! 





En plus c’est le début des fêtes de Noël ! Chaque jour une animation, des chants (bof), des chanteurs locaux (bof bof), de la musique forte le vendredi pour les jeunes (boum boum boum), le dimanche matin le repas des anciens avec Zimpoum Zimpoum et son accordéon,  l’aprem des manèges pour les petits et des gâteries (3€ les 10 churros énormes, miam !). 

Notre meilleur mouillage, c’était Porto Santo, la petite île avant Madère. L’eau était claire, le fond de sable blanc à la bonne profondeur et sûr pour notre ancre, les aventures de l’annexe misent à part, ce mouillage était si reposant, si tranquille, si merveilleusement dépaysant. On se serait cru aux îles… oups mais en fait c’est ça, justement, on y est aux îles. On y a bu des bières et du rhum, on y a dansé, marché, découvert des us et coutumes bizarres, des arbres aux propriétés uniques au monde, des cailloux aux couleurs formidables, un bistro où tous les marins du port se rejoignent et se la raconte, leur traversée, la précédente et la prochaine, des histoires à dormir debout à la barre, des histoires à ne pas dormir, toujours à la barre (rire), des histoires de vies de gens qui ont tout lâché ou presque pour vivre un rêve, leur rêve, la mer, la voile, le voyage, le lointain. 

La Gomera, c’est aussi notre « presque » dernière île. Alors on a fini d’acheter tous les produits que l’on sait ne pas trouver à El Hierro, coin perdu, au bout d’une Europe si distante qu’il n’y a pas de vol direct, pas de ferry tous les jours, pas de machine à laver dans le port, pas de village à côté du port, pas de boulangerie ni aucun magasin à proximité, aucun spécialiste de marine, juste un port qui fait comme si on était au mouillage mais derrière une digue. On a fini de préparer les affaires urgentes et les principales, il nous reste trois trucs à peaufiner pour s’occuper à El Hierro et on sera prêts.

A la Gomera, nous disons un peu au revoir à la civilisation moderne, au confort du « tout, tout de suite, comme je veux, avec du choix et pas cher. A El Hierro, ce sera le début d’une intériorisation intimiste d’un moi dont l’humeur se balance déjà au gré de la houle océanique (je viens de relire, ça ne veut rien dire, ne cherchez pas à comprendre, c’est l’effet de la transat qui monte). 

La Gomera, c’est aussi la nature plus verte, plus végétale que les îles précédentes des Canaries. C’est le foisonnement des mousses accrochées aux lauriers sauvages sur les pentes nord des volcans qui s’ennuagent dans la brise alizéenne. La Gomera, ce sont les paysans qui gardent leurs animaux en sautant de rochers en rochers avec des bâtons qu’ils plantent tels les sauteurs à la perche des jeux olympiques. A la Gomera ces paysans se parlent en sifflant, leurs deux doigts dans la bouche, un langage secret nommé Silbo.  

A la Gomera, il y a un mécano bavarois et un voilier suisse installés tous deux là depuis pas mal d’années. Andy le mécano nous a fourni des plaques inox pour réparer le support du guindeau, Thomas le voilier suisse nous a fabriqué un très beau lazy bag pour protéger notre grand voile quand elle ne sert pas au port. L’ancien était vraiment foutu, le tissu se déchirait et les coutures ne tenaient plus. On n’en a pas besoin en transat mais après, si ! Le soleil tape fort et use de ses rayons ultra-violets le précieux tissu de la voile. (la photo, c'était avant... !!)

 Thomas, en plus d’être voilier est passionné de volcans. C’est lui qui m’a prêté le livre sur le volcanisme aux Canaries, une édition rare pour un bouquin encore plus rare, merci à lui. Ca ne s’arrête pas là. Avec Merchi, sa compagne, nous avons été dans un petit resto perché à flanc de volcan goûter les spécialités locales d’un cuistot génial et très original. En 7 mois, on a fait trois restos hors du commun. Un à Cudillero, avec Alfons et Hilde, un à puerto Rubicon avec Sandra et Jean-Mi et celui-ci. Les restos, c’est comme les ports, quand c’est mieux, on le remarque. Nous nous souviendrons des ces endroits magiques, de ces ambiances naturelles et sympathiques. Certaines gens et certains lieux sortent du lot. 

On pourrait en avoir un peu marre de visiter, mais non. On pourrait en avoir assez de vivre en marge des touristes classiques, à bord d’un logement petit, qui bouge, dans lequel il faut toujours tout ranger immédiatement sous peine de ne plus pouvoir marcher au bout de trois heures, mais non. On pourrait avoir le blues de notre terre natale, pas encore, loin de là. On pourrait se dire qu’on a tout vu des Canaries et que maintenant il est temps de traverser, non plus. Il nous reste une île à voir. Et croyez-moi, on a bien fait de ne pas passer à côté sans s’y arrêter. A El Hierro, à mes yeux, tout est mieux.

A la Gomera, il y a 150 000 palmiers et 150 000 virages. Pas une ligne droite, vrai, pas une.

 Le blog à suivre : El Hierro, l’île du bout du monde.


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